| 1960 | La machine de Turing | Né le 23 juin 1912, le mathématicien britannique Alan Turing, après avoir réussi à décrypter les messages codés par les allemands pendant la seconde guerre mondiale, invente la machine de Turing, le premier calculateur universel programmable. Puis, en 1950, il crée le test portant son nom, toujours utilisé de nos jours, pour mesurer les capacités de "raisonnement" d'une machine dans un domaine déterminé. |
|---|---|---|
| 1970 | Les premiers ordinateurs | Nommés supercalculateurs (ou "mainframe") en raison de leur taille et de leur puissance, ils permettent à de nombreuses personnes de travailler simultanément, mais il faut des bâtiments pour les installer. Ils existent toujours, mais ils sont réservés aux organismes/institutions qui ont besoin de très grandes puissances de calcul de manière centralisée. |
| 1980 | Les ordinateurs personnels (PC) | IBM crée l'ordinateur personnel, aussi appelé micro-ordinateur (ou encore PC pour "Personal Computer"), dont la taille va se réduire rapidement pour devenir portable. |
| 1985 | Les réseaux locaux | Dans le milieu des années 80, il est possible de relier des PC entre eux avec des petits réseaux, dits "locaux", autorisant l'échange et le partage d'informations entre quelques postes reliés entre eux. |
| 1991 | Les débuts d'Internet, puis du Web |
Internet doit son existence au protocole HTTP (Hyper Text Transfert Protocol) pour les connexions et au langage HTML (ou Hyper Text = texte + liens) pour les pages "Web". Le protocole HTTP provient d'ARPANET, conçu par les américains dans les années 1970 à des fins militaires de façon à pouvoir acheminer des paquets (trames) d'informations en suivant différents chemins, grâce à des routeurs afin de parer aux coupures de câbles nécessaires aux réseaux téléphoniques. Le mot Web, qui signifie toile, a ainsi été choisi par analogie de son maillage avec celui d'une toile d'araignée. Il permet aux trames (paquets) d'informations d'un même message (page Web) d'emprunter des chemins qui peuvent changer en fonction du traffic, pour atteindre une destination, en passant par des points (appelés nœuds) intermédiaires. Le langage HTML a été conçu quant à lui, par Tim Berners Lee, considéré comme le père fondateur du Web, dans le cadre du CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire), avec l'objectif de rendre libre et gratuit l'accès à l'information . |
| 1998 | Le lancement de Google |
Deux universitaires, Larry Page et Sergey Brin de l'université de Stanford en Californie, trouvent un algorithme, c'est-à-dire une logique de traitement, révolutionnaire qui s'impose très vite afin de trouver les pages contenant les mots clés saisis dans une simple zone de texte de recherche, rendant quasiment obsolètes tous les annuaires existant à l'époque. Il s'agit d'une véritable révolution dans l'accès à l'information. Toutefois, il est important de noter que la contrepartie consiste, dans sa partie immergée, à collecter des données de manière automatique , sur des volumes qui ne cesseront de croître à tel point que le terme Big Data commence à apparaître. |
| 2000 | La mobilité |
La taille des ordinateurs continue de se réduire jusqu'à devenir des mini-ordinateurs de poche, capables de se connecter à Internet par des liaisons sans fil, qui aboutira au Wi-Fi quelques années plus tard en 2005. En 2007, Apple révolutionne l'utilisation des téléphones mobiles avec le tactile. Ils deviennent de plus en plus performants et capables de lire des vidéos. On les nomme "smartphones" ou tablettes s'ils sont plus grands. |
| 2004 | Les réseaux sociaux |
Mark Zuckerberg fonde le réseau Facebook afin de mettre en relation les étudiants de son université sous forme de trombinoscope, sans aucun contrôle du contenu publié avec des comptes permettant de rester anonyme. La plupart des utilisateurs publient cependant leur quotidien de manière publique. Ce phénomène complète celui de la collecte de données personnelles , non pas de manière automatique comme dans le cas de Google, mais de manière volontaire et consentie. Une aubaine pour ces plateformes utilisables gratuitement, dont le chiffre d'affaires va exploser grâce à leurs revenus publicitaires. L'offre de ce type réseau sera rapidement élargie par des alternatives plus ou moins spécialisées telles qu'Instagram, X ou WhatsApp, ainsi que d'autres plateformes proposant des services en ligne telles qu'Amazon, Microsoft avec son cloud Azure et Apple, qui vont former le groupe des GAFAM dont les revenus dépassent le PIB de nombreux petits états . |
| 2015 | Les objets connectés |
Les connections sans fil existent depuis les années 90, notamment avec les SMS, puis avec l'accès à des vidéos dans les années 2010 grâce la 4G, jusqu'à la 5G à partir de 2015. Si la 4G suffit pour regarder une vidéo sur un téléphone, la question se pose de l'intérêt d'augmenter le débit de manière significative, avec des ondes de plus en plus puissantes dont les impacts font débat compte tenu des intérêts financiers des différents acteurs. La réponse sont les objets connectés désignés par l'acronyme IOT. Il s'agit d'un nombre en plein essor d'appareils disposant de différents capteurs permettant d'envoyer à des services, des informations concernant leur usage afin de permettre de contrôler son fonctionnement à distance. Les usages sont multiples, allant d'une montre à une voiture, en passant pas un réfrigérateur ou un système de surveillance. La collecte de données personnelles prend ainsi un nouvel essor puisqu'elle redevient automatique. |
| 2020 | Lancement de ChatGPT |
Après plusieurs années de gestation, l'entreprise Open IA basée à San Francisco rend l'IA accessible au grand public avec un simple navigateur. C'est une nouvelle révolution sans précédent dans la manière de traiter l'information puisqu'elle rend possible la génération de tous types de documents à partir d'une simple question. L'impact se fait dores et déjà sentir dans nombreux corps de métier, notamment dans le tertiaire, mais aussi dans l'information en général puisqu'il devient de plus en plus difficile de distinguer un document authentique d'un document généré par une IA, allant d'une fausse information (Fake News) jusqu'à des oeuvres artistiques, en soulevant de nombreux problèmes sur le contrôle des informations et sur les droits d'auteurs. Cette technologie progresse très vite, où s'engouffrent de nombreux acteurs (Facebook devient Meta, Claude, Copilot, Grok, etc.). |
L'informatique a été créée pour simplifier et surtout pour automatiser le traitement de données. L’idée n’est pas récente puisque les premières civilisations ont inventé, il y a plusieurs millénaires, le système décimal permettant de compter avec les dix doigts de la main, puis avec des bouliers, puis avec des calculatrices mécaniques, qui sont devenues beaucoup plus accessibles et faciles à utiliser lorsque l'électricité a pris son essor.
L’intérêt de la machine de Turing consiste à préparer des séquences d’instructions regroupées par blocs, puis en procédures ou fonctions, regroupés à leur tour en programmes ou applications. Ces séquences sont constituées d’instructions de calcul qui se déroulent selon un ordre qui peut varier en fonction de conditions dont le résultat est Vrai ou Faux d'une part et se répéter en boucle avec une progression d'autre part, basée sur un compteur (nombre d’itérations) ou une condition : rechercher un mot dans un fichier jusqu’à ce que le mot recherché soit trouvé ou que la fin du fichier soit atteinte par exemple. Ces séquences, pour qu’elles soient compréhensibles et vérifiables, se représentent sous la forme de diagrammes, dont l'exemple ci-dessous montre comment calculer le plus grand dénominateur commun (PGCD) d'après le célèbre mathématicien grec Euclide.

Ainsi Euclide à trouvé comment obtenir ce résultat avec deux variantes où les étapes sont représentées par des rectangles et les décisions (généralement une comparaison de deux valeurs), par des losanges reliés entre eux par des flèches permettant d'atteindre l'étape suivante ou de recommencer (boucle).
Le but d'un traitement consiste à manipuler des données. Initialement limités aux calculs, les traitements actuels permettent de manipuler tous types de données (documents, images, vidéos, etc.), qui restent néanmoins binaires dans tous les cas.
Bien que le système quantique soit annoncé comme étant la prochaine révolution, l'informatique repose encore aujourd'hui sur l'électricité, avec ses deux états possibles : On-Off, représentés par le nombre 0 ou 1 sous la forme d'un bit, exactement comme une ampoule qui peut être allumée ou éteinte.
Si un bit est le fondement du binaire, il est bien entendu très insuffisant pour que l'on puisse parler d'information. La première étape consiste donc à les regrouper en groupes de 8 dans ce que l'on appelle un octet. Ainsi, en combinant chaque état possible de 0 ou 1 sur 8 bits, on obtient 256 états, c'est-à-dire 2 élevé à la puissance 8. Pour obtenir davantage de possibilités, on poursuit cette même logique, en augmentant le nombre d'octets afin d'obtenir les valeurs 256, 1024, etc., toujours basées sur des puissances de 2, avec des multiples de 256.
Afin de simplifier les choses, à l'instar des autres systèmes d'unités (poids, distances, ...), la valeur 1024 est désignée par un kilo-octets. Un méga-octets représente ensuite la valeur 1 048 576, arrondie au million. Idem pour un Giga avec le milliard et le Téra pour un milliard de gigas ...
Reste ensuite à définir le lien entre les octets et une information. C'est là qu'entre en jeu la notion de codification (parfois appelée encodage), dont il existe plusieurs versions. L'une des plus connue dans l'environnement Windows s'appelle l'ASCII. L'idée consiste à mettre en correspondance une valeur de 0 à 255 (soit 256 possibilités) avec un caractère. En ASCII, le nombre 97 correspond ainsi, par pure convention fixée comme un standard, à la lettre A, 98, à la lettre B, etc.
Toutefois, cette codification a vite montré ses limites car elle est non seulement spécifique à un environnement, mais aussi à une culture. 256 (dont la moitié est réellement utilisée pour une question de signe pour les nombres négatifs ) combinaisons ne suffisent pas à représenter l'ensemble de tous les caractères de toutes les langues vivantes.
La solution a donc consisté à doubler la taille nécessaire pour représenter un caractère sur 2 octets, avec le code de culture dans le premier et le caractère dans le second. Il s'agit du principe de la codification UNICODE désormais utilisée en informatique, notamment pour le Web.
Il devient donc possible de stocker une suite de caractères dans un fichier, mais sans savoir pour autant ce qu'ils signifient. Or un programme doit connaître la structure des informations qu'il doit manipuler, en commençant par un type (une simple chaîne de caractères, des nombres, des dates, ...) et leur destination (nom, adresse, prix, date du jour, etc.). Ce qui nous amène au besoin de structures de données avec leur sens, que l'on peut appeler des méta-données. Bien que le principe de méta-données dépasse le cadre de cet article, nous pouvons tout de même dire qu'un fichier contenant une structure de données connue possède un Format, qui rend son traitement possible par une application.
Par convention, les formats sont reconnus par des extensions de fichiers, dont les plus courants sont .TXT pour un fichier texte, .ODT ou .DOCX pour un document, .ODS ou .XSLX pour une feuille de calcul, .JPG ou .PNG pour une image, .EXE pour un programme exécutable sous Windows, etc.
Jusqu'à l'avènement de Google en 1998, les informations publiées sur le Web peuvent être contrôlées car il est nécessaire de les renseigner explicitement dans des annuaires spécialisés permettant de trouver une information sur la toile. La CNIL, chargée de surveiller l'usage des données publiées sur le Web, existe alors de manière symbolique, car les abus et détournements sont assez rares. Or la collecte automatique de données par Google privilégie, d'après le fameux algorithme de référencement appelé ranking, que l'on peut traduire en classement par ordre de priorité, les sites qui décrivent le mieux leur contenu.
Le système est totalement inversé, avec des clauses de consentement qui n'en finissent pas de s'allonger afin d'inciter à leur acceptation visant à pouvoir réutiliser ces informations selon le bon vouloir de cette firme.
Le phénomène est ensuite démultiplié par les réseaux sociaux où bon nombre d'utilisateurs publient leur quotidien et leurs idées en masse. Quelle aubaine ! Les publicitaires peinaient à obtenir des informations sur leurs clients potentiels afin d'optimiser leur campagne de manière ciblée. Dès lors, le " Je n'ai rien à cacher ", largement supplanté par le "M'as tu vu ?", alimente les bases de données qui ne suffisent plus à engranger ce volume de données qui croît de manière exponentielle.
Il est donc temps de passer à l'échelle supérieure afin de stocker ces énormes volumes de données que l'on nomme le Big-Data dans des Data-center répartis aux quatre coins de la planète dans des zones assez reculées pour des raisons de sécurité comme énergétique, car ils produisent des quantités de chaleur astronomiques, à tel point qu'il demandent à être refroidis pour fonctionner correctement. On est donc assez loin d'un nuage, terme choisi pour masquer cette infra-structure énergivore avec le mot anglais cloud, dans la pure stratégie du green-washing.
Plus besoin de publicitaires. Les besoins de chaque internaute peuvent être connus en fonction des informations qu'ils fournit en naviguant sur la toile, ou avec son smartphone, après avoir accepté bien entendu, les conditions permettant d'accéder au service attendu. Il faut en effet savoir que tout accès au Web se fait grâce à une requête vers une ressource en ligne (généralement un site Web mais pas seulement) à partir d'une adresse numérique nommée IP (pour Internet Protocol), permettant de connaître assez précisément l'emplacement géographique de la requête. A ce stade, la navigation est anonyme. Ensuite, à partir du moment ou l'on se connecte à un site ou à un navigateur, les accès deviennent nominatifs. Le ciblage devient alors beaucoup plus efficace.
Il faut également savoir que le Web, pour des raisons historiques, n'est pas sécurisé et ne stocke aucune information entre deux requêtes successives, c'est à dire grosso-modo, à chaque changement de page. Il serait donc très difficile pour ne pas dire impossible, de proposer des services tels que le e-commerce puisqu'il faudrait alors tout faire dans une seule et même page sous peine de perdre l'ensemble des choix réalisés en cas de navigation vers une autre page. C'est ici que les fameux cookies entrent en jeu.
Un cookie est un petit fichier créé par un site, envoyé au navigateur qui va le stocker en mémoire ou, le plus souvent dans dans un dossier spécifique à ce navigateur. Dès sa réception, ce dernier se charge ensuite de le retransmettre au site à chaque nouvelle requête réalisée sur ce même site. Grâce à ce système, si un identifiant unique est placé dans un cookie tandis qu'un ensemble de choix réalisé dans une requête est mémorisé par le site web avec cet identifiant, il suffit au site, de relire cet ensemble de choix grâce à cet identificateur lorsqu'il reçoit la prochaine requête, afin de poursuivre la sélection de nouvelles options à partir de celles qui ont été mémorisées précédemment.
Ici encore, si on s'est connecté au site, ce dernier dispose de toutes les informations renseignées lors de la création du compte, avec toute l'historique des opérations réalisées sur le site.
Avec l'avènement des smart-phones, c'est-à-dire des téléphones connectés, le phénomène a été démultiplié puisque le détenteur est connu, à tout le moins implicitement via les conditions/acceptations requises/"consenties" pour accéder aux différentes données/activités (emplacement géographique, contacts, agenda, photos, etc.), mais le plus souvent explicitement, par l'ensemble des applications installées.
Un achat se fait désormais en quelques clics, avec toutes les incitations possibles visant à déclencher l'achat impulsif : "Dernière chance, Offre unique, Stock limité", etc.) et ce, de manière de plus en plus personnalisé (nom, âge, santé, profession, adresse, loisirs, préférences, etc.).
Tout usage d'application mobile alimente ainsi le stock de données personnelles publiées ici ou là, de manière plus ou moins sécurisée, tout en devenant source de profit potentiel. Grâce à ce volume de données hyper dynamique, tous les accès gratuits se sont vus affublés de publicités de plus en plus intrusives, qui ont fait le succès fulgurant des GAFAMS.
Sachant que le risque 0 n'existe pas à partir du moment où on se connecte quelque part, il existe fort heureusement un ensemble de mesures permettant de réduire les risques d'être ennuyé lors de nos usages connectés. En voici quelques unes :
Il s'agit de la première partie invisible du système, qui est donc souvent mal comprise, voire obscure. Il existe néanmoins, là aussi quelques mesures assez simples à prendre, sans compétence informatique particulière. Rappelons tout d'abord que le protocole HTTP n'est pas sécurisé. Il a donc fallu le rendre plus sûr avec sa version HTTPS où le "S" situé à la fin signifie sécurisé. Encore faut-il être capable de le reconnaître.
Le choix des applications est tout aussi déterminant, voire crucial. Commençons par quelques définitions afin de mieux guider nos choix. Une application est dite propriétaire lorsqu'elle est spécifique et rarement compatible les autres afin de compliquer, voire d'empêcher d'en changer. Ce choix est encore plus sensible pour une entreprise afin de pouvoir conserver une bonne maîtrise de ses données, comme des usages réellement attendus par les utilisateurs. Une application est dite en open-source si le code est public, maintenu par une communauté de développeurs, souvent bénévoles, qui interviennent de manière continue afin d'améliorer, voire de corriger les bugs, c'est-à-dire les anomalies, très rapidement. Pour les applications connues et soutenues par des communautés reconnues, il s'agit donc d'un gage de qualité. De plus, ces applications sont souvent gratuites.
En voici quelques unes :
Un ordinateur manipule sans cesse des fichiers qui s'accumulent (les cookies en font partie) avec des applications qui ne suppriment pas toujours les fichiers temporaires dont elles ont besoin. Il est donc important de vérifier régulièrement quelques informations, notamment l'espace disque restant disponible et de procéder aux opérations de maintenance permettant de maintenir son bon fonctionnement. Mais ça n'est pas simple et les paramètres à surveiller sont éparpillés, voire techniques, alors qu'il existe de nombreux utilitaires qui peuvent s'en charger sans demander de compétence informatique.